Herbes du diable

Mai 2018. Depuis quelques années, les sorcières sont partout. Loin des covens wiccans, elles se sont multipliées, ont pris toutes les formes, remis à jour certaines pratiques – politiques ou médicinales –, suscité des merveilles éditoriales, inspiré des ouvrages fondamentaux. Elles se sont parfois perdues, ont pu être dévoyées, mais de ça, nous ne parlerons pas. Si toutes ces sorcières ont pu se revendiquer telles, c’est sans doute parce que ce n’est plus un anathème : longtemps (toujours ?), ce nom de sorcière a été imposé du dehors. Le corps qu’il qualifiait était essentialisé autant que faire se pouvait (grâce à la marque du diable ou aux logorrhées justificatives d’un Heinrich Kramer (1), par exemple), la sorcellerie ne pouvant donc être combattue que par la mort, contrairement à la possession. Les sorcières n’ont existé que parce qu’on les a fabriquées.

Il y a quelques années, à l’hôtel de Soubise à Paris, on pouvait voir une exposition intitulée Présumées coupables, qui avait choisi pour visage Renée Falconetti, la Jeanne d’Arc de Carl Theodor Dreyer, sorcière qui avant d’être récupérée de toutes parts par des individus peu recommandables, a été condamnée à mort pour hérésie, comme bien d’autres avant et après elle. C’était à celles-ci que l’exposition était consacrée : sorcières, empoisonneuses, infanticides, pétroleuses, traîtresses. Des femmes inculpées pour avoir mis à mal l’idée éthérée de la féminité plus encore que pour d’éventuels crimes objectifs, destructrices et pas génitrices, ayant enfin le mauvais goût d’avoir un corps, ce qui vaut bien un petit passage à la question ou une coupe de cheveux gratuite. L’exposition en elle-même avait bien des qualités, dont une scénographie agréable qui rendait accessible un matériau pas nécessairement évident à mettre en valeur – des documents d’archive, donc –, ainsi qu’une sobriété et une absence de dolorisme assez agréables, mais ce qui a retenu notre attention, c’est qu’on y voyait bien que la figure de la sorcière était la matrice de toutes les autres.

Le premier à envisager à sa manière la sorcière comme fondation, c’est sans doute Jules Michelet, dont les préoccupations de forme – une conception de l’histoire à la fois scientifique, nourrie de l’étude méthodique des archives, et romantique, où la fiction et le souffle de la langue ont leur place à part entière, voire nécromancienne puisqu’il s’agit de faire parler les morts – comme de fond – obsession singulière pour la féminité, notamment dans ce qu’elle a de plus matériel – semblaient le destiner particulièrement à s’intéresser à la sorcière, qui sous sa plume apparaît pour la première fois plus victime que coupable, production d’une société et d’une époque plus que d’un pacte démoniaque. Jeanne Favret-Saada, anthropologue passionnante et grande spécialiste de la sorcellerie, a consacré une préface à l’ouvrage (2) où elle suggère que l’empathie de l’auteur pour son sujet est dû à une identification : ce que Michelet perçoit chez lui en tant qu’intellectuel et chez les sorcières, c’est que les sources du savoir sont, par essence, sataniques, c’est-à-dire menaçante pour l’Église (et bien d’autres institutions, les sociétés sécularisées n’en ayant pas fini avec les sorcières). Comme le savoir des sorcières que l’on n’a jamais pu dénier – et qu’on a donc vigoureusement condamné – est la connaissance des simples, penchons-nous sur quelques belles plantes, et profitons-en pour ausculter la descendance de cette sorcière de Michelet.

Au cinéma notamment, elle est pléthorique, preuve que ce brave Jules a mis le doigt sur quelque chose de fondamental. Le bal est ouvert dès 1922 par le Suédois Benjamin Christensen qui, avec Häxan (La sorcellerie à travers les âges), livre une adaptation singulière et atemporelle de l’œuvre de Michelet, tant dans le contenu que dans la méthode : Christensen prend la peine à la fin de son film de suggérer que les hystériques de Charcot sont les nouvelles sorcières… Mais c’est sur trois autres sorcières cinématographiques – trois, évidemment, comme les trois sorcières de MacBeth – que nous avons décidé de nous pencher, trois présumées coupables qui ont de quoi hanter le monde moderne : Jeanne dans Belladonna d’Eiichi Yamamoto, Thomasin dans The Witch de Robert Eggers, et enfin elle dans Antichrist de Lars von Trier.

 

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Atropa belladonna

« Belladonne » signifie belle femme en italien. Elle était consommée par les Italiennes de la Renaissance car elle provoque la mydriase, et ces grands yeux noirs étaient tout à fait au goût de l’époque. Il se trouve que la belladonne est d’ailleurs, comme d’autres solanacées célèbres telles que la mandragore, le datura et la jusquiame (mais nous y reviendront), pleine à craquer d’atropine, qui est certes un contre-poison, mais peut aussi générer des délires hallucinatoires. Certains y voient le chemin qui mène au sabbat des sorcières : sans guère de références historiques, il n’aurait été qu’une vue de l’esprit, un (bad ?) trip en somme vécu par des femmes possédées par la drogue plus que par le Démon.

Belladonna est aussi un film d’animation stupéfiant réalisé par le Japonais Eiichi Yamamoto en 1973. Se revendiquant explicitement de Michelet, il en suit la trame et l’émaille de volutes psychédéliques acidifiées (rappelons à tout hasard que le LSD, qui partage une partie de la composition de l’ergot de seigle, autre source d’ensorcellements divers, suscite, outre les hallucinations visuelles, la mydriase, ce qui nous permet de retomber solidement sur nos pieds après cette première cabriole botanique). Visuellement somptueux, multipliant les innovations et les allusions à l’art nouveau, Klimt et Schiele, et traversé d’envolées de rock progressif tout à fait dans l’air du temps, le film tient du sortilège, et s’il a, en gros, précipité son studio de production à sa perte (puisqu’on vous parle de sortilège !), il en mérite d’autant plus le coup d’œil.

On y suit le destin de Jeanne depuis son mariage florissant et pastoral à Jean jusqu’à son immolation – christique à souhait – sur la place publique. Dégageant l’intrigue romanesque de La sorcière, le film nous fait vivre aux côté de Jeanne viol, vexations diverses, humiliations, répudiation, et opprobre généralisé : la sorcière est d’abord victime – d’une société plus encore que d’individus –, et si elle se donne au diable, ce n’est que dans l’espoir d’y rétablir la justice… et d’obtenir une consolation sexuelle bien méritée. Dernier film d’une série de films d’animation destinés aux adultes faisant la part belle à l’érotisme (il a été précédé par Les Mille et unes nuits en 1969 et par Cléopâtre en 1970), Belladonna a en effet son lot de scènes explicites, mais leur fonction dépasse le simple plaisir du spectateur : depuis Ève et son serpent, la sexualité et la connaissance sont tous deux sous la coupe du Diable, le désir de savoir n’étant jamais très loin du désir tout court et vice-versa. Michelet, qui plus que tout autre avant lui, a bien compris que c’était la volonté de savoir qui mouvait la sorcière, le reconnaît à demi-mots :

Bien loin que la foudre infernale l’épuisât, la fit languissante, elle se releva redoutable et les yeux étincelants. La lune qui, chastement, s’était un moment voilée, eut peur en la revoyant. Epouvantablement gonflée de la vapeur infernale, de feu, de fureur et (chose nouvelle) de je ne sais quel désir, elle fut un moment énorme par cet excès de plénitude et d’une beauté horrible.

Jeanne redoutable, désormais consciente des possibilités qui sommeillent au creux de sa chair, sait à partir de ce moment soigner les corps et les esprits, connaissant les simples et les sortilèges. Cela suffit évidemment pour menacer le pouvoir en place et sème un vent de révolte dans le peuple. La chasse aux sorcières est alors un moyen pour les institutions de canaliser les séditions et d’affirmer la suprématie de son pouvoir, idée que le film explicite totalement en terminant sur une image de la Liberté guidant le peuple de Delacroix, petite-fille des sorcières brûlées quelques siècles plus tôt.

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Hyoscyamus niger

La jusquiame noire est la plus répandue des jusquiames ; aux États-Unis, on l’appelle henbane. Elle est utilisée depuis l’antiquité comme analgésique, aphrodisiaque, ou psychotrope. C’est d’elle que la Sibylle de Delphes aurait tiré sa clairvoyance, et c’est grâce à elle que Circé a transformé les compagnons d’Ulysse en cochons. On dit qu’elle provoquait la lycanthropie. Bref, pour cette affinité avec le monde animal et pour bien d’autres raisons, elle est évidemment mentionnée comme l’un des ingrédients de l’onguent des sorcières.

L’une des premières scènes de The Witch, la sorcière de Robert Eggers, montre une vieille femme en train d’utiliser le fameux onguent : on n’en voit par contre que l’un des ingrédients, et pas des moindres – le sang d’un bébé pas encore baptisé. Pourtant, des lévitations d’un sabbat hallucinatoire aux liens infiniment suspects avec un bestiaire plus ou moins inquiétant – bouc, corbeau, lièvre –, tous les effets légendaires de la jusquiame noire sont là. L’influence de la sorcière impose aux images-mêmes du film une distorsion inquiétante de fièvre ou d’hallucination, l’intrusion du fantastique comme un épanchement rouge – sang, évidemment – au milieu du réalisme des teintes passées, du doré très Georges de la Tour des bougies, de l’anglais d’époque et de l’austérité de la vie des premiers pionniers anglais en Amérique. En effet, pas de démesure, cette fois-ci : l’esthétique est intimiste, et même si la nature s’étend à portée de vue, les personnages sont en huis-clos, enfermés sur leurs maigres terres par une forêt épaisse et menaçante. The Witch a été marketté comme un film d’horreur, au grand dam de wagons de spectateurs déçus : c’est en fait un drame familial implacable et oppressant.

La malédiction pèse sur une famille isolée, fraîchement immigrée en Nouvelle-Angleterre au XVIIe siècle, qui pour des raisons relativement ténébreuses a dû quitter sa communauté. Tout au long du film, l’étau se resserre autour d’une coupable idéale, Thomasin, la jeune adolescente. En effet, elle est en train de se muer en femme – au point de troubler son propre frère – mais loin de se révéler mère en puissance, tout semble la condamner à être l’inverse, c’est-à-dire infanticide, comme la vieille femme infertile couverte d’onguent : en sa présence, ses frères trouvent la mort, le lait nourricier des chèvres se transforme en sang, et l’œuf qu’elle brise accidentellement contient un oisillon mort. Surtout, les fléaux dont elle est témoin détournent tout le monde de l’hérésie initiale, du péché qui a chassé la famille du paradis : l’orgueil du père, la raison pour laquelle la famille a fuit l’Angleterre, son ancien Éden, puis la colonie dont elle a dû partir sans espoir de retour. Aspiration religieuse sincère et désastre humain : l’histoire du christianisme s’incarne dans cet homme à l’allure christique et la sorcière vient le lui rappeler avec une malice consommée.

Pieuse et sans doute la plus moralement irréprochable de la famille, Thomasin doit néanmoins devenir une sorcière parce qu’elle voit clair dans le jeu de tout le monde, refuse de se contenter de mensonges, et qu’il faut bien que quelqu’un paie pour les péchés des autres – la vanité de son père, la luxure de son frère, la colère et le fléchissement de la foi de sa mère, le pacte démoniaque des jumeaux. Accusation de sorcellerie ou canonisation : l’Église s’est bien souvent pris les pieds dans le tapis au cours de l’Histoire (une fois de plus, Jeanne d’Arc n’est pas loin), et entre les soupirs de la sainte et les cris de la fée, il y a souvent de quoi perdre son latin. Mais le ver est dans le fruit dès les premières minutes du film, où Thomasin confesse suivre son désir plus que celui du Saint Esprit. La liberté, la vérité se paient le prix fort, et conduisent dans les replis de la forêt, parmi les fleurs vénéneuses, au sabbat.

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Aconitum napellus

L’aconit est une plante des limites. Ses fleurs bleues nées selon Ovide de l’écume de Cerbère, le gardien des Enfers, s’épanouissent dans les montagnes, parmi les rochers. C’est une plante extrêmement toxique, que l’ancêtre de nos sorcières, Médée, utilisait dans ses potions. Elle frappe qui l’ingère d’une mort très douloureuse, souvent par paralysie respiratoire. Et les portes de l’Enfer s’ouvrent, larges.

Dans Antichrist, le chef d’œuvre infernal de Lars von Trier qui ouvre sa trilogie de la dépression, un bouquet de fleurs bleues trône dans la chambre d’hôpital du personnage féminin, alors victime d’un épisode dépressif particulièrement sévère. Oublions la blaue Blume de Novalis : posé près de boîtes de médicaments en arrière plan d’un point de bascule du film – l’homme fait accepter à sa femme endeuillée une psychothérapie par exposition qu’en tant qu’époux, il n’est absolument pas censé mener –, on en voit surtout le bout des tiges déjà gagné par la pourriture, grouillant comme les corps que nous verront plus tard au pied des arbres. L’herbier dessiné par Antichrist est inquiétant voire franchement hostile, à l’image des glands qui s’abattent sur la toiture de l’habitation du couple. La mort est déjà présente ; elle l’est dès les premières minutes du film, qui commence en une sorte de processus de génération inversé sur un rapport sexuel infanticide. Elle ne le quittera pas.

Antichrist est un acte de sorcellerie en lui-même : à l’image des messes noires du XIXe siècle, c’est, comme son nom l’indique, l’inversion systématique des récits fondateurs du christianisme, un Adam et une Ève ni bons, ni innocents, retournant dans un Éden infernal, une nativité inversée où l’enfant d’une mère lubrique meurt, avec un bestiaire étrange en guise de rois mages. Les créations divines que sont les êtres humains et la nature y sont irrémédiablement mauvais, le diable a tout envahi, l’ordre n’a plus lieu d’être, le chaos règne. La maîtresse des lieux ne peut être autre que la sorcière.

Éden, c’est le lieu où elle s’est isolée avec son enfant pour travailler à son projet de thèse sur la chasse aux sorcières, qualifiée de gynocide. Contaminée par son sujet, ou par la forêt qui l’entoure, ou peut-être même simplement possédée par sa nature profonde, le film raconte une fois de plus la naissance d’une sorcière, qui ici prend pratiquement la forme d’une anamnèse. Le diagnostic est implacable : infligeant des mauvais traitements à son fils dès son premier séjour à Éden, elle se révèle infanticide, privilégiant son plaisir sexuel à la survie de son enfant, castratrice, « naturelle, donc abominable », bref, une sorcière.

Cependant, ce qui lui est opposé ne vaut guère mieux : l’homme est dévoré par l’orgueil, il incarne une raison triomphante froide et vaniteuse qui ne peut que précipiter le cataclysme. Il incarne aussi la médecine, qui a fait des ravages chez les sorcières tout autant que l’église, sous la forme des premiers médecins ne supportant pas la rivalité que constituait le savoir empirique et traditionnel des vieilles femmes (3), de ceux qui pensaient soigner l’hystérie en exposant les malades dans des amphithéâtres emplis de bourgeois curieux, de ceux enfin qui, bouffis de paternalisme, pensent pouvoir soigner leur femme – ou un réalisateur danois dépressif – de leurs tourments grâce à une psychothérapie sauvage et/ou force médicaments. Comme Michelet, mais peut-être pour une raison opposée à la sienne, Lars Von Trier a choisi son camp : résolument sorcier, il sait que la nature est mauvaise, mais que le mal se trouve chez ceux qui s’échinent à l’éradiquer encore plus qu’ailleurs. Il n’accorde aucun triomphe à celui qui a mis la sorcière au bûcher : l’homme finit par assister impuissant à l’arrivée d’une masse de femmes anonymes. Des sorcières sans doute, qui s’infiltrent entre les arbres et se dirigent vers le haut de la colline ; sorte de montée de sève en guise de l’assomption qu’on leur a toujours refusée.

Contrairement à Jeanne et Thomasin, l’(anti)héroïne d’Antichrist n’est pas une victime innocente, mais elle est comme elles aux prises avec des forces maléfiques qui la dépassent. Pas la société féodale ou la famille, mais ses propres faiblesses – la dépression – et les faiblesses des autres, celles de l’homme qui croit, comme le père de Thomasin, s’être rendu maître et possesseur de la nature et qui se pense en position de tout résoudre. Seigneur, père de famille, médecin : trois visages du patriarcat, qui toujours se créera des sorcières à écraser pour asseoir sa domination.

Si Michelet et avant lui le célèbre alchimiste Paracelse ont pu se réclamer des sorcières, que ce soit de leurs connaissances (4) ou de leur volonté de savoir, c’est sans doute par l’intermédiaire des artistes qu’elles ont exercé leur influence la plus durable (5). Qu’ils se livrent à la nécromancie pour tenter de faire parler les morts, qu’ils s’exposent aux forces du mal, qu’ils soignent, blessent, créent des prodiges visuels, ils maintiennent en vie les sorcières. Parfois discrètes mais toujours présentes, elles sont cachées quelque part dans la forêt de symboles de l’histoire de l’art. Comme les plantes qu’elles manient adroitement, dangereuses voire mortelles mais aussi salvatrices administrées dans les bonnes quantités (6), les sorcières sont pharmakon, remède et poison (7) : poison car leur puissance est volontiers délétère, remède car le monde qui les a produites mérite d’être détruit.

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  • Vous trouverez encore plus de sorcières dans cette série de documentaires signée Céline Du Chéné et Laurent Paulré.
  • Pour peaufiner vos connaissances en botanique en attendant de pouvoir réaliser vos propres potions magiques, ce MOOC est parfait.
  • Vous avez détesté Antichrist ? Peut-être que Pacôme Thiellement vous fera changer d’avis…
  • Si vous connaissez mal le travail passionnant de Jeanne Favret-Saada, voilà une introduction qui devrait vous donner envie d’en savoir plus. Si vous préférez la lire, elle se trouve aussi sur le site de la merveilleuse revue Jef Klak, ainsi que dans son numéro « Marabout » que vous pouvez toujours acheter dans votre librairie favorite.
  • Et pour finir en musique, vous avez le choix entre une démone américaine et une sorcière comme les autres (pour les âmes égarées qui ne connaîtraient pas encore Anne Sylvestre, session de rattrapage express par la fantastique Orianne Lassus ici).

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(1) Elles ont par ailleurs inspiré un album remarquable à The Ruins of Beverast, qui en retranscrit bien la dimension paranoïaque et pour le moins mortifère.
(2) Faute de lire la bonne édition de La Sorcière, vous pouvez écouter ces émissions palpitantes où Jeanne Favret-Saada parle de Michelet.
(3) À ce sujet, lire l’indispensable ouvrage de Deirdre English et Barbara Ehrenreich, Sorcières, Sages-femmes et Infirmières, dont vous trouverez une édition vintage en ligne ici, ou que vous pouvez acheter dans la fameuse collection Sorcières des éditions Cambourakis.
(4) Paracelse avouait tenir une partie de son savoir des vieilles femmes qui connaissaient les secrets des simples.
(5) Les rapports entre sorcières et artistes étaient à l’honneur d’une exposition présentée en Écosse puis en Angleterre il y a quelques années. Elle avait été intitulée Witches And Wicked Bodies – tout un programme…

(6)
L’utilisation par l’industrie pharmaceutique moderne de nombreuses fleurs de notre herbier démoniaque le prouve. Pour en savoir plus, écouter cette passionnante série de documentaires.
(7) « Tout est poison et rien n’est sans poison ; la dose seule fait que quelque chose n’est pas un poison » disait Paracelse toujours…

4 réflexions sur “Herbes du diable

  1. Merci pour ce superbe article ! en voyant tes notes de bas de pages je me suis souvenue avoir vu l’expositio Witches & Wicked Bodies au British Museum à Londres. Depuis je guette les autres expositions en rapport avec ce thème

    • Merci à toi ! Tu as eu de la chance de voir cette expo – moi, je dois me contenter du catalogue (qui est très bien soit dit en passant, mais ce n’est pas pareil).

  2. Tu m’as donné envie de me replonger dans Antichrist.

    Le hasard du calendrier est amusant car je participe dans quelques heures à un atelier cuisine des plantes sauvages estivales, donné par une thérapeute axée sur le bien-être au naturel.

    Aussi, le jardin de l’hôpital médiéval de ma ville natale organise tout un cycle « herboristerie » cette année. Distillation d’eaux florales, réalisation de tisanes, bonbons, sirops,… c’était vite complet mais j’ai pu m’inscrire aux séances sur la symbolique des plantes et celles sur les plantes des sorcières. Le jardin des simples, attenant à l’hôpital était utilisé par les bonnes soeurs pour soigner les malades et leur pharmacopée est juste dingue ! Une bonne soeur a meme créé un remède sensé guérir les maladies de peaux, l’Helkiase, qui a fait rentrer pleins d’argent à l’hôpital mais il contenait du mercure alors je te laisse deviner la suite… si tu passes en Belgique, on devrait le visiter.

    Merci pour cet article, je ne connaissais pas la seconde plante citée;)

    • Merci d’avoir lu et commenté !
      C’est super qu’ils organisent tout ça (faire ses propres eaux florales, le rêve !), tu me raconteras ! Et puis évidemment, c’est intéressant de voir que finalement, ce sont des moines et des bonnes soeurs qui ont conservé le savoir des sorcières…

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