Fire Walk With Me

« Ressentir, dans tout son être, un incendie, une chaleur absolue, sentir jaillir en soi des flammes dévorantes, ne plus être qu’éclair et flamboiement – voilà ce que signifie un bain de feu. S’accomplit alors une purification capable d’annuler l’existence même. Les vagues de chaleur et les flammes ne la dévastent-elles pas jusqu’en son noyau, ne rongent-elles pas la vie, ne réduisent-elles pas l’élan, en lui ôtant tout caractère agressif, à une simple aspiration ? Vivre un bain de feu, subir les caprices d’une violente chaleur intérieure – n’est-ce pas atteindre une pureté immatérielle, semblable à une danse des flammes ? La délivrance de la pesanteur grâce à ce bain de feu ne fait-elle pas de la vie une illusion ou un rêve ? »

The Devil's Blood - Fire Burning

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Sur les cimes du désespoir, Emil Cioran, 1934 | The Devil’s Blood, The Thousandfold Epicentre, 2011.

Histoires de l’œil

Discussion avec Lestes Dreas

« J'ai vu ses yeux de fougère s'ouvrir le matin sur un monde 
où les battements d'ailes de l'espoir immense se distinguent à peine des autres bruits 
qui sont ceux de la terreur et, sur ce monde,
je n'avais vu encore que des yeux se fermer. »
Nadja, André Breton
E.2 (copie)

E.2 (détail), © Lestes Dreas

Les yeux ouverts, le monde se déploie avec un luxe de formes et une opulence de détails inépuisables. Les yeux fermés, dans un déluge de phosphènes il se diffracte, se décompose en myriades de fractales. Les yeux fermés, il se perd parmi l’infinité des mondes, ceux qui ont été habités, ceux qui le seront, ceux qui ne l’ont jamais été et ne le seront jamais ; ceux des rêves, des visions et des mythes. Les yeux ouverts, grands ouverts derrière une loupe, Lestes Dreas les retrace avec patience, les mondes et les fractales, comme autant de points noirs sur la feuille blanche.

Elle manie l’infime et l’immense, la science et les mythes, le rêve et la réalité. La lumière, l’obscurité, et ce qu’il y a entre les deux. Le résultat est un foisonnement d’images fines comme des gravures, forgé de l’outil le plus modeste de l’artiste : le point. Noir sur blanc, primitif comme un atome. Nous avons discuté ensemble de cette alchimie de l’art, et nous sommes parties en quête du moment entre deux clignements de paupières où les points deviennent mondes. Récit du voyage, en trois cillements…

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Là-bas I

Floraisons choisies

« So that a man may die of a rose in aromatic pain... »

Les bourgeonnements du printemps sont loin derrière nous. Le solstice passé, tout s’épanouit désormais comme un fruit un peu trop mur. La nature brille joyeusement sous les feux de la décomposition qui, discrètement, commence déjà son œuvre patiente. L’arrivée de l’été ne nous réjouit guère (notre nature nous incline vers les périodes transitoires) ; raison de plus pour se remémorer comme il se doit les floraisons du printemps.

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Herbes du diable

Mai 2018. Depuis quelques années, les sorcières sont partout. Loin des covens wiccans, elles se sont multipliées, ont pris toutes les formes, remis à jour certaines pratiques – politiques ou médicinales –, suscité des merveilles éditoriales, inspiré des ouvrages fondamentaux. Elles se sont parfois perdues, ont pu être dévoyées, mais de ça, nous ne parlerons pas. Si toutes ces sorcières ont pu se revendiquer telles, c’est sans doute parce que ce n’est plus un anathème : longtemps (toujours ?), ce nom de sorcière a été imposé du dehors. Le corps qu’il qualifiait était essentialisé autant que faire se pouvait (grâce à la marque du diable ou aux logorrhées justificatives d’un Heinrich Kramer (1), par exemple), la sorcellerie ne pouvant donc être combattue que par la mort, contrairement à la possession. Les sorcières n’ont existé que parce qu’on les a fabriquées.

Il y a quelques années, à l’hôtel de Soubise à Paris, on pouvait voir une exposition intitulée Présumées coupables, qui avait choisi pour visage Renée Falconetti, la Jeanne d’Arc de Carl Theodor Dreyer, sorcière qui avant d’être récupérée de toutes parts par des individus peu recommandables, a été condamnée à mort pour hérésie, comme bien d’autres avant et après elle. C’était à celles-ci que l’exposition était consacrée : sorcières, empoisonneuses, infanticides, pétroleuses, traîtresses. Des femmes inculpées pour avoir mis à mal l’idée éthérée de la féminité plus encore que pour d’éventuels crimes objectifs, destructrices et pas génitrices, ayant enfin le mauvais goût d’avoir un corps, ce qui vaut bien un petit passage à la question ou une coupe de cheveux gratuite. L’exposition en elle-même avait bien des qualités, dont une scénographie agréable qui rendait accessible un matériau pas nécessairement évident à mettre en valeur – des documents d’archive, donc –, ainsi qu’une sobriété et une absence de dolorisme assez agréables, mais ce qui a retenu notre attention, c’est qu’on y voyait bien que la figure de la sorcière était la matrice de toutes les autres.

Le premier à envisager à sa manière la sorcière comme fondation, c’est sans doute Jules Michelet, dont les préoccupations de forme – une conception de l’histoire à la fois scientifique, nourrie de l’étude méthodique des archives, et romantique, où la fiction et le souffle de la langue ont leur place à part entière, voire nécromancienne puisqu’il s’agit de faire parler les morts – comme de fond – obsession singulière pour la féminité, notamment dans ce qu’elle a de plus matériel – semblaient le destiner particulièrement à s’intéresser à la sorcière, qui sous sa plume apparaît pour la première fois plus victime que coupable, production d’une société et d’une époque plus que d’un pacte démoniaque. Jeanne Favret-Saada, anthropologue passionnante et grande spécialiste de la sorcellerie, a consacré une préface à l’ouvrage (2) où elle suggère que l’empathie de l’auteur pour son sujet est dû à une identification : ce que Michelet perçoit chez lui en tant qu’intellectuel et chez les sorcières, c’est que les sources du savoir sont, par essence, sataniques, c’est-à-dire menaçante pour l’Église (et bien d’autres institutions, les sociétés sécularisées n’en ayant pas fini avec les sorcières). Comme le savoir des sorcières que l’on n’a jamais pu dénier – et qu’on a donc vigoureusement condamné – est la connaissance des simples, penchons-nous sur quelques belles plantes, et profitons-en pour ausculter la descendance de cette sorcière de Michelet.

Au cinéma notamment, elle est pléthorique, preuve que ce brave Jules a mis le doigt sur quelque chose de fondamental. Le bal est ouvert dès 1922 par le Suédois Benjamin Christensen qui, avec Häxan (La sorcellerie à travers les âges), livre une adaptation singulière et atemporelle de l’œuvre de Michelet, tant dans le contenu que dans la méthode : Christensen prend la peine à la fin de son film de suggérer que les hystériques de Charcot sont les nouvelles sorcières… Mais c’est sur trois autres sorcières cinématographiques – trois, évidemment, comme les trois sorcières de MacBeth – que nous avons décidé de nous pencher, trois présumées coupables qui ont de quoi hanter le monde moderne : Jeanne dans Belladonna d’Eiichi Yamamoto, Thomasin dans The Witch de Robert Eggers, et enfin elle dans Antichrist de Lars von Trier.

 

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Lytta vesicatoria

« “Je veux une robe couleur de souffrance”, avait-elle déclaré à la couturière stupéfiée. Cette robe incarnait parfaitement l’idée qu’elle avait eue, la cruelle fille ! Sur la jupe de satin vert émeraude, arrachant les yeux, se laçait une cuirasse, mode inconvenant de l’époque, une cuirasse en velours constellé d’un paillon mordoré à multiples reflets ou pourpres ou bleus. Ce corsage était montant et cependant s’ouvrait par une échancrure inattendue entre les deux seins, qu’on s’imaginait plus roses à cause de l’intensité de ce velours vert.

La cuirasse laissait les hanches comme nues, et le long des plis de la jupe, très collante, couraient des branches de feuillage de rosier sans fleurs, criblées de leurs épines. La perverse coquetterie de Mary avait fait explosion avec une assurance frisant la naïveté. Jamais elle ne s’était souciée de ses chiffons avant ce soir-là, et d’un seul effort elle atteignait au sublime.

Ses cheveux tordus derrière la nuque s’ornaient d’une épingle en métal nuancé, pareil aux broderies du corsage. Et la pointe passait, menaçante, tandis qu’un oiseau pourpre, qui semblait traversé, étendait sur la noirceur de ses magnifiques cheveux ses ailes implorantes de pauvre petit tué. La couturière contrariée avait avoué que si c’était original, ce n’était guère de mise pour une jeune fiancée. Mary aimait le vert, il éclairait son teint de brune et donnait à son regard voilé de cils épais un scintillement humide comme les regards de femme en ont au bord de l’eau. Elle n’écouta donc pas les réflexions de celle qu’elle payait pour accomplir des tours de force. Un peu de dentelle blanche atténuait la crudité de l’échancrure près des chairs ; encore cette concession devenait-elle un raffinement de plus, en rappelant, dans les hardiesses du costume, la chasteté orgueilleuse de la vierge.

La traîne fuyait, doublée de neigeuses mousselines rendant plus délié le bas de sa personne svelte, s’effilant en un corps d’insecte miroitant et fabuleux. Tout ce vert était, pour les pauvres yeux fatigués du docteur Barbe, comme une décharge électrique. »

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La Marquise de Sade, Rachilde, 1887.

 

Jusqu’à ce que la lumière nous emporte

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Je n’avais jamais regardé le soleil se lever. Il y a à Lyon un petit parc qu’on appelle le jardin des curiosités. Il a un nom officiel beaucoup moins romanesque et je préfère celui-ci, qui évoque des jeux d’enfants, des orchidées bizarres, des assemblages hétéroclites. On y accède après une ascension éreintante, mais on peut aussi tricher et y arriver par en haut, en passant par la non moins romanesque rue des Macchabées. Les curiosités, ce sont les déploiements baroques d’une ville vue de haut. Pas de suffisamment haut pour en ressentir un vertige ou une pulsation inquiétante, mais à hauteur de toits, et à perte de vue. On peut voir jusqu’aux Alpes à l’Est, où le soleil monte.

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Genius loci

Discussion avec Aluk Todolo

« [L]e lien entre spiritualité, beauté et unicité est au centre de l'expérience du chaos en musique.
La voix s'assume comme un son unique au monde, comme événement et comme matière.
Et l'auditeur se retrouve dans la position de rencontrer et de connaître plutôt que de savoir et comprendre. » 
Théo Lessour, Chaosphonies

À deux pas du centre Pompidou, derrière les statues de la fontaine Stravinsky et une fresque de street art incitant on ne sait qui au silence, se dresse l’église Saint-Merri, à laquelle pas grand-monde ne prête attention. Si elle n’a pas les dimensions extraordinaires de Notre-Dame, où par contre tout le monde se presse, elle a en le même plan, et son gothique certes plus tardif n’en mérite pas moins le coup d’œil. Mais c’est surtout pour son histoire singulière qu’elle nous intéresse : on vous épargne les aventures de Saint Médéric pour en venir immédiatement à ses usages pour le moins variés. Son cloître était au XIVe et au XVe siècles (et au grand damn du curé) un haut lieu de prostitution (1), et puis elle fut réquisitionnée à la Révolution pour devenir une fabrique de salpêtre, dont on avait grand besoin à l’époque. Vous commencez à sentir le soufre ?

Située dans le quartier historique des alchimistes (la maison de Nicolas Flamel et de la dame Pernelle, la tour Saint-Jacques, et même le Temple de Paris ne sont pas loin), elle présente plusieurs particularités architecturales tenant plus de l’ésotérisme que du catholicisme bon teint. Ainsi, point de Jésus ou de Marie : on y pénètre en passant sous une étrange créature hermaphrodite en laquelle on a coutume de reconnaître le Baphomet (2). Est-il d’époque ou a-t-il été rajouté lors des rénovations du XIXe siècle ? Il est difficile de trancher, mais peu importe, ça ne s’arrête pas là : sous une voussure, on trouve un escargot, autre symbole alchimique de l’hermaphrodite, et en haut du vitrail du transept nord, un pentacle inversé, rien que ça. De là à en faire un haut lieu de l’occultisme, il n’y a qu’un pas, qu’ont franchi allégrement une poignée de sociétés secrètes trouvant refuge dans l’enceinte de Saint-Merri, comme les théophilanthropes à la fin du XVIIIe siècle ou le Grand Lunaire au début du XXe.

Ces derniers temps, on y produit occasionnellement des concerts ; c’est ainsi qu’en 2016 y a joué Aluk Todolo. Ce n’est pas le seul groupe à s’y être produit, loin de là, mais si nous nous y arrêtons, c’est que la résonance créée par cette musique – du rock occulte, pour reprendre les termes par lesquels les musiciens ont choisi de la définir, et pour intituler un album pétri de notions alchimiques – en ce lieu – une église occulte, comme nous venons de l’illustrer extensivement – nous paraît unique, riche de vibrations et d’échos. Théo Lessour nous rappelle qu’avant nous, les chauves-souris « savaient depuis longtemps que son et espace ne sont pas deux choses différentes » (3). Cela saute aux oreilles humaines dans l’écho justement, ce phénomène acoustique dans lequel les Grecs entendaient la voix d’une nymphe éconduite, Écho (4). Voix unique aux déclinaisons multiformes, infinies, aussi nombreuses que le sont ses caisses de résonances, qui peuvent être autant externes (le lieu) qu’internes (le son émis). Voix, c’est ainsi qu’Aluk Todolo a décidé d’intituler son dernier album, et comme l’écho, sa musique instrumentale résonne à l’infini, comme diffractée par la multiplicité des lieux où elle est jouée et des subjectivités qui la reçoivent.

Au Moyen-Âge, le miroir était un style littéraire (5). Traité de moral ou d’éthique à visée édifiante, il était destiné à faire jouer les reflets – les actes étant les reflets de l’âme, la création étant le reflet de Dieu. De la même manière, à Saint-Merri et ailleurs, Aluk Todolo fait miroiter les voix intérieures de l’auditeur autant que celles des esprits du lieu. Avant d’être un poncif éculé, l’image du musicien inspiré, possédé est l’un des idéaux du rock’n’roll depuis ses débuts, l’un des endroits où sa nature radicalement primitive et dionysiaque est la plus éclatante. Les musiciens d’Aluk Todolo parlent volontiers de procédés médiumniques au sujet du processus de composition et lorsqu’ils jouent, ils ont l’air possédés, transcendés par une puissance stupéfiante en laquelle chacun verra ce qu’il veut. Peut-être, justement, le génie du lieu.

En raison d’un malencontreux coup du sort, nous n’avons pas pu nous rendre à ce fameux concert à Saint-Merri, mais nous nous sommes rattrapées quelques mois plus tard au Périscope de Lyon. Là, sous le prétexte d’une interview pour Radio Metal, nous avons pu discuter avec le guitariste, Shantidas Riedacker, et le bassiste du groupe, Matthieu Canaguier, de ce « son unique au monde » qu’est leur musique, krautrock, noise, black metal, rock du fond des âges, échos de vibrations primordiales. Nous la repostons ici ; voici leurs voix.

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Église Saint-Merri (France), avril 2016, ©Andy Julia

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Les Camènes

Retour à Twin Peaks I

« Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles... »
Arthur Rimbaud

Laura Palmer-Fire Walk With Me

Vêtue de blanc, elle a le visage pâle et apaisé. Elle est ligotée pourtant, ses cheveux blonds autour de sa tête sont comme des algues, et, à la dérive, elle émerge à peine des flots. C’est La jeune martyre de Paul Delaroche, que l’on peut voir au musée du Louvre. C’est aussi Laura Palmer, dont le corps sans vie vient d’être découvert dans le premier épisode de Twin Peaks. Cette jeune fille morte a flotté des siècles avant d’échouer sur les rives de ce lac de montagne. En guise d’élégie, retraçons sa route sinueuse, recueillies et voilées de noir, comme il se doit.

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Le choix du noir

« J’ai peur de quelque chose… Une espèce de trou noir, plus horrible que tout ce que j’ai surmonté… Et ce trou noir – c’est moi, moi tout entière… Et puis ce fantôme blanc, cette espèce de mollusque, pour moi plus noir encore que tout le reste.. Ah, ah, je ne suis que haine noire, éternelle. Ce n’est pas ainsi que je vaincrai.. J’aime ; mais mon amour n’est qu’un îlot dans la mer de ma haine. J’ai ma volonté ; mais, souveraine en exil, elle fait les quatre cents volontés de mes noirs instincts. Je suis noire. Voilà pourquoi mon fantôme est blanc ; pourquoi la lumière est à mes yeux – un fantôme.. »

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Ladislav Klíma, Les Souffrances du prince Sternenhoch, 1928 | Kali la noire dans le style Kalighat, XIXe siècle | Dissection, Reinkaos, 2006.

Équinoxe

« Les moments sont semblables à des bâtons mi-partie blancs et noirs ;
N’arrange point ta vie au moyen de dessins faits avec les moitiés blanches. Car tu trouveras ensuite
les dessins faits avec les moitiés noires ;
Que chaque noirceur soit traversée par l’attente de la blancheur future.
Ne dis pas : je vis maintenant, je mourrai demain. Ne divise pas la réalité entre la vie et la mort.
Dis : maintenant je vis et je meurs.
Épuise à chaque moment la totalité positive et négative des choses.
La rose d’automne dure une saison ; chaque matin elle s’ouvre ; tous les soirs elle se ferme.
Sois semblable aux roses : offre tes feuilles à l’arrachement des voluptés, aux piétinements des douleurs.
Que toute extase soit mourante en toi, que toute volupté désire mourir. »

21 septembre. Brièvement, les nuits sont aussi longues que les jours. Après trois mois du déclin opulent et solaire de l’été, bientôt les déliquescences grises et dorées de l’automne. La lumière rougeoyante, l’emmitouflement progressif, la douce odeur de putréfaction de l’humus, le crépuscule étiré sur des jours. Pour les esprits inclinés comme le nôtre, la renaissance qui point déjà partout et la vie mûre, à son apex. En attendant, un moment suspendu où tout s’équilibre, et où les opposés s’accordent avec beaucoup de sagesse. Le moment idéal pour songer à des bâtons mi-partie blancs et noirs, et rouvrir Le Livre de Monelle.

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